Dieu existe-t-il ?

Par définition, l'univers est tout ce qui existe. 
Par définition, Dieu est le créateur de l'univers.
Pour créer une chose, il faut être extérieur à cette chose. 
Si Dieu a créé l'univers, il lui est extérieur, par là-même, il n'existe pas.
Pourtant Dieu existe puisque je peux en parler.
Mais alors, qui a créé Dieu ?

Le chat communique avec moi

Le chat se meut, ses gestes, quels qu’en soit leur cause, sont liés à la connaissance qu’il a de son environnement. Il peut s’asseoir près du feu et ronronner de bien-être, ou venir se frotter à mes jambes. Le feu est simplement là, diffusant sa chaleur, le chat sait qu’il ne risque rien à en profiter, de même qu’il sait qu’il peut venir se frotter à mes jambes, les humains qu’il a rencontrés jusqu’à présent ne l’ont jamais maltraité et le nourrissent parfois. Le feu ne sait rien. Pour ma part, je peux caresser le chat ou lui donner à manger, parce que je sais comment réagir à sa présence. Nous avons, lui et moi, appris à cohabiter, de même que nous savons profiter des bienfaits de la chaleur d’un foyer lorsqu’il fait froid.
 
Le chat et moi avons communiqué. Un observateur pourrait décrire nos gestes, mais pas les connaissances qui les produisent. Il ne pourrait que les déduire, en donnant des significations à nos gestes selon ses connaissances. Pourtant, pour moi et le chat, nos gestes ne portent pas de connaissance, pas plus que le feu, celles qui nous permettent de les produire ne sont qu’associées à nos perceptions. Ce qu’il observe peut se modéliser à la façon d’une communication informatique, en disant, qu’à un instant donné, l’un est émetteur, qu’il code un message, pour le transmettre à un récepteur qui le décode et l’interprète. Pour un ordinateur, il en va de même que pour moi et le chat, il sait déjà comment traiter le message, dans le cas contraire, il le rejette ou génère une erreur.
 
La connaissance nécessite un sujet : un livre, quel qu’il soit, ne contient ainsi des connaissances qu’à partir du moment où quelqu’un peut les comprendre. Lorsque je communique un livre à quelqu’un, je ne transmets pas des connaissances, mais le livre à cette personne qui pourra le lire. C’est elle qui a la connaissance qui lui permettra de le comprendre, lorsque ce n’est pas le cas, elle devra l’acquérir. C’est pourquoi nous pouvons dire que le feu communique sa chaleur qui n’est pas une connaissance qu’il transmet. Imaginons que le chat possède des petits messages sur lesquels sont inscrites les significations qu’il donne à ses gestes. Il s’approche, m’en communique un sur lequel est écrit « je voudrais des caresses », je vais le caresser si je sais le signifier. Dans le cas contraire, je devrais apprendre. Il en allait de même lorsque le chat m’avait rencontré la première fois, qu’il s’était approché craintif et que, de mon côté, je me demandais comment j’allais réagir à sa présence. La parole ne change pas la communication, mais la rend plus efficace.
 
Cette modélisation élude ainsi que l’émetteur et le récepteur doivent avoir chacun des connaissances sur la façon dont ils communiquent ensemble. Or, ce n’est pas toujours le cas, et nous ne pouvons pas le détecter en croyant que la connaissance est portée par le message. Le chat pourrait me dire, « j’ai faim, peux-tu me donner à manger », puis constater que j’ai compris ce qu’il me demandait en me voyant lui apporter de la nourriture. Je pourrais le faire même sans le connaître, car j’aurai pu acquérir cette connaissance dans d’autres circonstances. C’est ainsi que la parole est un geste facile à réutiliser. Mais comme elle ne porte pas la connaissance, le message pourrait être grammaticalement incorrect, ou même dénué de sens, que cela n’empêcherait pas de le comprendre. A contrario, je pourrais ne pas savoir le comprendre, et ainsi lui associer des gestes qui ne sont pas ceux attendus par son émetteur. Le chat pourrait ainsi me dire que « la vie de chat est bien agréable », je saurais le comprendre par la signification des mots, alors que je n’ai aucune connaissance de ce qu’est la vie d’un chat, et que je serais bien incapable de l’apprendre.

Paradoxe de l'œuf et de la poule

« Qu'est-ce qui est apparu en premier : l'œuf ou la poule ? » Nous parlons d'un œuf fécondé qui pourra donner naissance à un poussin qui deviendra une poule ou un coq. Dans le cas contraire, les poules ne vivant pas éternellement, la question ne se poserait pas.
 
Nous pourrions imaginer que le monde a été créé à partir du néant, qu'à son origine l'un des deux, l’œuf ou la poule, aurait été créé, mais dans ce cas son mouvement, le fait que des poules produisent des œufs qui se transforment en poussins, serait de toute éternité, dit autrement nous ne saurions pas expliquer les mutations génétiques. Dans un tel contexte, un œuf devant être couvé pour donner naissance à un poussin, c'est la poule qui apparaît en premier, pour produire le premier œuf. Cette idée n'est pas absurde si nous supposons que le monde tel que nous le percevons aujourd'hui, existe de toute éternité. Mais nous apprenons à l'école qu'il n'a pas toujours été ainsi, que le soleil est une étoile périssable, qui n'a donc pas toujours existé, de même que les poules et les œufs.

Ainsi, si nous posions cette question à un biologiste, il nous répondrait sans hésiter que c'est nécessairement l’œuf qui est à l'origine de la poule. La reproduction sexuée induit que chaque œuf est sensiblement différent des autres, et en particulier de ceux qui ont donné naissance à ses parents. C'est ainsi qu'en accumulant des différences imperceptibles, mes très lointains ancêtres qui auraient vécu il y a quelques centaines de millions d'années, une éternité humaine, auraient pu appartenir à une espèce apparentée aux poissons. Comme c'est au travers de la reproduction que les individus se différencient, en supposant que la poule n'existait pas encore, c'est nécessairement l’œuf qui est apparu en premier. De façon empirique, nous constatons en effet que nous n'avons jamais vu un animal se transformer en un autre. Le raisonnement de ce biologiste paraît sans faille, pourtant il fait abstraction du fait qu'un individu ne fait pas l'espèce. Ainsi, en imaginant qu'un ovipare ponde un œuf qui donne une poule, il nous manque encore le coq, cette poule ne pondrait que des œufs qui ne donneraient jamais de poussin. Nous sommes coincés, cet ovipare est nécessairement une poule.

Soit l'une des deux possibilités est juste, soit il en existe une troisième que nous ne pouvons pas imaginer parce qu'elle provient d'une limitation de nos facultés cognitives. Le biais cognitif qui en découle nous laisse croire qu'il existe une origine à la poule qui serait soit un œuf, soit une poule. Essayons de le comprendre. Lorsque je dis ceci est une poule, je fais une abstraction, je la distingue et je considère que cette chose est semblable à d'autres, d'autres poules, parce qu'elles ont des caractéristiques identiques. Ce sont nos facultés cognitives qui nous le permettent, comme celles d'ailleurs d'autres mammifères. Mais nous avons vu qu'il n'en était rien, que cette poule ci n'est pas la même que celle-là, ce que nous constatons de façon empirique avec les êtres humains, nous sommes tous différents. Cette faculté n'est pas un biais cognitif car elle nous permet d'être adapté à notre environnement, de reconnaître une poule et de savoir qu'elle donnera des œufs de toute éternité.... humaine. Mais, elle nous laisse accroire que cette poule-ci est la même que celle-là, alors que nous savons que ce n'est que partiellement vrai.

Cela signifie que les poules ont toujours donné des œufs qui ont donné des poules, sauf que les poules d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier, et qu'en remontant le temps, nous ne les reconnaîtrions plus. La réponse à notre question n'est donc liée qu'à nos perceptions, à partir de quand considérons nous que ce que nous appelons une poule n'en est plus une. Si nous en disposions, nous pourrions observer attentivement les représentations des ancêtres de la poule pour désigner à quel moment nous considérerions qu'il s'agit d'un autre animal. Les scientifiques, quant à eux, pourraient nous dire que c'est à partir du moment où elle n'aurait plus pu se reproduire avec son ancêtre, c'est-à-dire à partir du moment où la poule d'aujourd'hui ne pourrait plus être fécondée par un ancêtre lointain inconnu. Nous constatons néanmoins que c'est notre biologiste qui avait la solution la plus proche, car l’œuf de cet ancêtre ressemblait sans doute à celui de la poule, mais c'est fortuit.
 
Ce paradoxe nous permet cependant d'identifier un biais cognitif humain, la croyance en une origine, en l’occurrence celle de la poule ou celle de l’œuf. L'origine est un objet intellectuel qui n'existe pas dans le monde sensible, ce n'est pas quelque chose que je peux percevoir par mes sens, uniquement par mon intelligence. Nous donnons une origine aux choses lorsque cela nous est utile, une poule pond des œufs dont l'origine est bien la poule, un œuf donne un poussin dont l'origine est bien l’œuf. Cela nous permet d'anticiper la production des œufs par le fruit de notre intelligence, mais en dehors de ces relations de cause à effet, la poule et l’œuf n'ont pas d'origine, pas plus que l'homme.

Philosohie simple (11)

Le langage induit que l’homme est destiné à vivre dans une communauté qui est indépendante des autres, puisque chacune peut disposer de sa propre langue. Nous pouvons d’ailleurs remarquer que la communauté est ainsi l’équivalent de l’espèce puisque qu’elle différencie les groupes d’individus selon leurs comportements qui pourraient ou non être adaptés aux aléas. De nos jours, nous n’avons plus d’exemple de communauté isolée qui permettrait d’appréhender leur mode de fonctionnement, nous devons donc l’imaginer. Une communauté existe en même temps que ses membres, c’est ce qui leur permet d’exister, ils doivent donc la préserver tout autant qu’eux-mêmes. Bien que cela ne soit pas crédible, nous pourrions envisager que les rôles des individus soient interchangeables, tout le monde serait donc capable de réaliser toutes les activités. De cette façon, chacun à la même raison qui est celle de la communauté. Les individus s’identifient alors selon leurs caractéristiques physiques.
 
Imaginons qu’un incendie ravage l’environnement de notre communauté. Ses membres devront prendre des décisions pour quitter leur lieu d’habitation et en choisir un nouveau. Nous comprenons aisément que s’ils ne prennent pas les mêmes, la communauté va se désagréger, l’important n’est pas l’opinion mais que tout le monde y adhère. Les opinions justifiant les décisions intégreront la raison qui est alors imposée à tous. Ces décisions peuvent défavoriser certains membres qui devront changer de comportements alors qu’ils ne peuvent le faire sans désapprendre, ils seront donc sacrifiés. Nous pourrions aussi imaginer qu’un manque de solidarité puisse mettre en péril la communauté et qu’il soit alors nécessaire de compenser leur sacrifice. Les décisions optimales seraient donc celles qui limiteraient le nombre des sacrifiés, bien qu’il soit probablement impossible de l’anticiper.
 
Imaginons maintenant que ce changement d’environnement conduise cette communauté à s’installer près d’une autre qui ne parle pas la même langue et n’a pas la même raison, puisque son histoire est différente. Cette cohabitation conduira à des conflits qui vont aboutir à des décisions communes qui défavoriseront l’une des deux. Mais, cette fois leur raison diffère, il est donc improbable que l’une accepte de se soumettre à la raison de l’autre. Ce sera donc celle du plus fort qui s’imposera, soit parce que l’une des deux peut montrer sa force, soit parce qu’elles se feront la guerre. Le vainqueur pourrait accepter la fusion des deux communautés, mais imposera sa raison qui dévalorisera le vaincu. Au fil des générations, les comportements pourraient devenir des usages en étant acceptés de tous, ce qui signifie que la dévalorisation de l’un des groupes intégrera la raison redevenue commune. Mais, il est également possible que les vaincus continuent à enseigner leur raison, puisque nous ne savons pas où et comment nous apprenons nos comportements, et qu'ainsi des révoltes persistent au fil du temps.
 
L’homme est destiné à prévoir, ce qui enrichit la réalité et par là-même conduit à la création de nouvelles activités, de nouveaux comportements et à la diversification de la raison puisque chacun devra se spécialiser, apprendre certains comportements et pas d’autres. Au fil de l’enrichissement de la réalité, des conflits vont donc apparaître au sein de la communauté. Les décisions justifiées par des opinions, qui définiront des règles sociales, ne peuvent que créer des sacrifiés, des individus qui ne sauront pas désapprendre. Pour que chacun puisse y adhérer, elles devront comme précédemment être imposées, les sacrifiés devant s’y soumettre. En faisant comme si tous étaient supposés avoir la même raison, nous ignorons que nous dévalorisons un groupe parmi d’autres qui pourrait se révolter et devrait alors être réprimé. Là encore, cette dévalorisation peut intégrer les usages ou rendre la communauté instable. Nous devons remarquer que les règles ne font que dévaloriser un groupe d’individus parmi d’autres. Comme nous n’en connaissons pas d’autres, nous n’en avons pas conscience. Pourtant, dans nos sociétés, nous pourrions nous demander qui est favorisé ou défavorisé par les règles relatives au vol, au meurtre, à la famille…

Philosohie simple (12)

C’est donc l’enrichissement de la réalité qui conduit à diluer la raison au sein d’une société. Dans un premier temps, les individus pouvaient s’identifier par rapport à leurs activités, mais dans nos sociétés complexes chacun peut en exercer un nombre incalculable. Lorsque nous cherchons à nous identifier au sein de la société, nous ne pouvons le faire qu’en nous distinguant des autres en énumérant les groupes sociaux auxquels nous appartenons. Chacun de ces groupes peut se définir par une activité définissant une partie de la raison. Nous voyons qu’en cas de conflits au sein d’un groupe, il devient difficile d’adhérer à sa raison car cela peut défavoriser certains autres groupes auxquels nous appartenons également, ce qui peut conduire à une exclusion. Nous pourrions croire que notre personnalité se définit indépendamment de nos activités, de notre adhésion à des groupes sociaux, mais lorsque c’est le cas, cela signifie que notre raison dérive, nous ne sommes pas crédibles et nous ne pouvons pas la diffuser, voire l’exprimer. Nous oublions ainsi que nous sommes en permanence contraints de nous y soumettre pour être adaptés à la société, donc pour exister.
 
Au fil de la résolution des conflits par l’enrichissement des règles sociales, certains groupes sont dévalorisés par rapport à d’autres. Nous pouvons constater que plus l’enrichissement de la réalité est rapide, moins il devient possible de stabiliser la raison, la société devient instable soumise à des révoltes persistantes. La raison est une chose abstraite qui correspond à nos comportements, nous ne savons plus en définir une base commune qui correspondrait à des activités communes à tous. Ce que nous appelons l’individualisme est ce constat que la raison n’est plus communément partagée. Lorsque nous disons à propos d’une personne qu’elle est individualiste, nous ne faisons que constater qu’elle ne partage pas la même raison que nous qui cherchons ainsi à lui imposer la nôtre. La raison est inscrite dans le fonctionnement social qui guide l’apprentissage des individus. Je ne peux par exemple plus choisir d’aller faire mes courses à cheval ou de m’habiller avec des braies.
 
Ce qui est plus étonnant c’est que les opinions directrices qui produisent nos pensées sont également inscrites dans nos comportements. Ainsi, le fonctionnement de la justice est basé sur la désignation d’un responsable puisqu’il est supposé disposer d’un libre-arbitre. Cela est en contradiction avec le fait que ce sont les individus qui nous enseignent nos comportements, mais en accord avec un principe de vie qui nous habiterait et nous guiderait pour déterminer ce qui est bien ou mal qui ne pourrait alors se définir que d’une façon divine. Nous voyons ainsi que nos pensées n’ont pas d’influence sur nos agissements, nous pouvons dire que nous ne croyons pas en Dieu, en désignant des responsables nous démontrons le contraire. Mais qui plus est, nous n’avons pas d’autres alternatives, car dès que nous changeons la valorisation d’une activité, nous créons des sacrifiés. Ainsi, nous pourrions admettre que c’est la société qui crée des révoltes pouvant conduire à des actes terroristes, mais sans en changer le fonctionnement, nous n’avons pas d'autre solution que de les désigner comme étant responsables, puis de chercher à les exclure de la société selon la décision divine de la justice. Pourtant, il est improbable qu’il s’agisse d’un cas isolé, puisque ce n’est pas leur âme qui est mauvaise, mais nous qui les avons créés, sans en avoir conscience, simplement en adhérant à la divinisation du bien et du mal, en exprimant à tort et à travers que telle chose est bien et telle autre mal, dans une société où chacun en a sa propre définition. Pour changer ces opinions, nous devons créer d'autres sacrifiés, nous sommes donc contraints à l'inertie. Cependant, il existe peut-être une alternative, en prendre conscience, non pas pour définir ce qui est bien ou mal, mais pour apprendre à gérer les changements. Il nous faudrait alors admettre qu'une société humaine ne peut pas avoir de finalité.

Philosohie simple (10)

Nous avions commencé en rappelant que l’origine de la connaissance était le vivant. Pourtant, la connaissance est une chose abstraite, cela signifie que lorsque nous parlions de ces connaissances, c’était en tant qu’être pensant susceptible de les déduire des comportements des êtres vivants, alors que la connaissance n’est que l’expression de nos pensées. Ce qui signifie qu’elle n’est que celle des comportements que nous pouvons observer chez les êtres vivants, nous ne faisons que la déduire lorsque nous en avons conscience. Le décalage temporel entre le moment où des comportements sont induits par un raisonnement ou une réflexion et celui où ils sont enseignés, laisse croire que la connaissance est indépendante des agissements. Pourtant nous raisonnons et nous réfléchissons en vue d’acquérir ou de reproduire des comportements dans des situations que nous ne connaissions pas. C’est lorsqu'ils sont acquis que nous constatons que la connaissance s’est diffusée. Le téléphone a été créé par raisonnement, mais c’est parce que nous en fabriquons et que nous l'utilisons qu’il existe, et qu’ainsi les connaissances relatives à son fonctionnement et son utilisation existent. L’apparition de l’écrit ne fait qu’accroître et fiabiliser leur diffusion. Nous pourrions catégoriser les connaissances selon les comportements auxquels elles se rapportent, les principes d’utilisation des choses concrètes associées à des relations de cause à effet, ainsi que les règles et usages associés à des opinions.  Les connaissances sont donc d’une part la réalité, les choses qui existent, et d’autre part la raison qui décrit la façon dont nous les utilisons et les valorisons par des opinions qui justifient nos comportements. Néanmoins, rappelons que la raison est une chose abstraite, chacun d’entre nous n’en connaît qu’une partie selon son apprentissage des comportements et des pensées, et ne connaît pas celle des autres.
 
Nous aurions pu penser que les faits sont à la base des connaissances et qu’il soit possible de distinguer une vérité, des faits qui seraient vrais et d’autres faux. C’est le cas lorsqu’un fait décrit la comparaison de réalités relatives à un sous-ensemble de la raison, une réalité qui contient une chose, comparée à une autre qui ne la contient pas, mais ce n’est plus le cas lorsque les faits sont déduits des connaissances pour en reconstruire leur histoire. L’histoire est une chose abstraite, elle n’existe que dans nos pensées, nous ne pouvons la construire que par rapport à notre raison qui est une chose abstraite que nous ne pouvons déduire qu’au présent. Nous n’en connaissons que les justifications actuelles, nous ne pouvons pas connaître celles qui ont conduit aux décisions passées. La réalité d’un fait est ainsi peu importante puisque nous avons acquis la raison qui s’y rapporte, que nous ne savons pas la désapprendre, que nous ne pouvons interpréter nos connaissances qu’à partir de celle-ci. Nous sommes ainsi contraints de réécrire l'histoire en permanence pour justifier le présent.